En 2003 suite à une opération, je ne pouvais plus donner naissance à un enfant. Nous désirions cependant avoir un second enfant. Nous avons donc entamé des démarches auprès de notre Conseil Général pour obtenir notre agrément.
En Avril 2005, tout heureux d’avoir notre sésame, nous avons vite déchanté face à la réalité… Comme nous avions déjà un enfant nous n’étions pas du tout prioritaire sur les listes des pupilles de l’état. Sachant que pour ceux qui étaient prioritaires les chances d’avoir un jour un pupille étaient déjà infimes (surtout dans le Rhône); il a fallut se tourner vers l’étranger.
Après avoir essuyé les refus des OAA submergées par les demandes, on s’est retrouvé les bras ballants…
Ma belle sœur étant Russe on s’est tourné tout naturellement vers ce pays.
Après avoir tenté une ou deux régions de Russie sans succès, nous nous sommes dirigés vers l’Ukraine.
Là la procédure nous paraissait simple. Après avoir rassemblé une certaine quantité de documents il fallait les faire traduire par un traducteur assermenté et les déposer auprès du Centre de Adoption de Kiev qui centralisait toutes les demandes.
Quelle ne fut pas notre joie quand le SDA (Centre des adoptions de Kiev) nous a donné la date de 22 juillet 2008 pour venir voir une fiche d’enfant.
Ce fameux mardi 22 juillet on n’en menait pas large dans les escaliers du SDA. Nous étions avec 2 autres couples français. Quelques minutes plus tard on nous présentait la fiche d’un enfant de 17 mois. Pupille de l’ Etat Ukrainien qui était dans un orphelinat depuis sa naissance. De battre notre cœur s’est arrêté. Deux yeux tout ronds nous fixaient intensément sur une petite photo d’identité. Cette photo datait de 15 mois, il avait 3 mois. On aurait dit un petit sumo habillé en jaune. On arrivait plus à entendre, nos yeux s’embuaient…serait-il possible que ce soit notre fils ? On avait tellement rêvé ce moment. La psychologue de SDA souriait de nous voir tant émus. Une nouvelle vie à quatre commençait.
Nous avons pris le train couchette et nous nous sommes rendus dans le Sud Est de l’Ukraine à la frontière Russe pour voir ce petit bonhomme. 17 heures de train plus tard on arrivait dans une ville minière de 500 000 habitants : Lougansk.
Pas le temps de souffler, à peine descendus du train, nous sommes allés directement au Centre Régional de l’Enfance pour rencontrer la personne du ministère afin qu’elle nous donne l’autorisation de nous rendre à l’orphelinat. Elle nous accompagne en personne à l’orphelinat et assiste à l’entretien avec la directrice de l’orphelinat qui est la tutrice de notre fils.
Après nous avoir raconté tout le parcours de notre fils et expliqué qu’il était né avec une malformation, le moment de la rencontre était arrivé.
Nous sommes montés dans le réfectoire, il y avait une vingtaine de petits bouts qui mangeaient…Elle nous a désigné un tout petit garçon en bout de table qui n’était pas d’humeur à laisser son bout de pain !!!! C’était lui. Quelques minutes plus tard il venait dans les bras de sa nounou nous faire un petit coucou pas très rassuré.
L’après midi même nous commencions les démarches pour l’adopter. C’était la course dans les administrations pour obtenir les différents papiers et la courses aux apostilles chez les notaires…que d’heures passés dans ces bureaux !!!!
Que d’angoisses et de joies quand enfin nous avions une date pour le jugement de notre fils Gaël.
Tous les jours nous prenions des petits bus (plus proche de l’estafette que du car) pour nous rendre à l’orphelinat. On faisait nos courses à la supérette du coin et nous commencions à nous débrouiller un tout petit peu en Russe (oui la population parle Russe, là bas).
Nous avons fait de belles rencontres avec les gens. On vivait à l’Ukrainienne.
Au bout de 3 semaines nous avons pu regagner la France pour 10 jours (pendant la période de non-appel).
Nous sommes revenus avec notre fille Thalia. C’était très important pour nous de l’impliquer dans l’adoption de son frère.
A présent il ne nous manquait plus que le visa et le passeport de notre fils pour rentrer en France.
La famille était sur un petit nuage. On apprenait à vivre tous ensemble. Thalia ne lâchait pas son frère.
Nous avons encore eu de gros moments d’émotion quand nous nous sommes rendu dans la ville de naissance de Gaël pour faire modifier son acte de naissance. L’administration était dans un état de décrépitude avancé (il n’y avait plus d’eau dans l’établissement, par exemple, et les employés devaient aller chercher des seaux d’eaux dans la rue). Mais ils nous ont reçus avec beaucoup d’égard avec des petits gâteaux et le thé dans un petit salon…. Dans ces moments là le regard suffit pour se comprendre. Ils voulaient nous remercier au nom de l’enfant et nous nous voulions les remercier au nom de notre famille. Bref on était tous émus.
Nous avons gardé des contacts avec beaucoup de monde, l’orphelinat, la petite nounou particulière de Gaël, notre traducteur, des étudiants Ukrainiens etc…
Nous sommes très contents d’avoir eu la chance de bénéficier d’une procédure individuelle car nous avons apprécié de gérer de A à Z notre procédure. Cela fait partie intégrante de notre adoption. Les longues heures d’attentes dans des couloirs froids, les joies et les peines.
On parle beaucoup en ce moment des voyages éco responsable et bien on peut dire que nous avons fait une adoption équitable et transparente.
Donner une somme d’argent aux OAA et ne pas savoir au centime près où et à qui elle est destinée n’est pas vraiment notre façon de procéder. Ou pire, aller chercher notre enfant à Roissy sans connaître sa vie dans son pays d’origine est vraiment effrayant.
Je ne comprends pas non plus le mode de fonctionnent hypocrite de l’AFA de nous mettre en relation avec un traducteur dans le pays (exemple en Russie) ? Tout ça pour ça ? Comme si on ne pouvait pas trouver un traducteur tout seul. Si c’est un moyen de vérifier quelles sommes nous avons dépensées ? Et bien pas besoin de l’AFA, je peux dire précisément quelles sommes j’ai payé et à qui. Je n’ai rien à cacher.
Moins il y a d’intermédiaire, plus pour nous, c’est transparent.
Je me pose toujours la question à quoi servent les OAA et l’AFA dans des pays qui gèrent eux même leurs adoptions. J’ai l’exemple de la Colombie à quoi servent l’AFA ou les OAA puisque s’est l’ICBF qui gère au final les adoptions.
L’Ukraine fonctionne très bien et le gouvernement gère très bien les adoptions. Les enfants qui sont proposé sà l’adoption internationale sont déjà restés 15 mois dans une banque de données nationale pour favoriser leur adoption par un couple d’Ukrainien. Tout au long de la procédure le gouvernement Ukrainien, ainsi que l’état Français fait des contrôles et valide les étapes (ambassade de France, SGAI, Conseil Général, Cour d’Appel, etc.….).
Il y a beaucoup de choses à améliorer pour rendre une adoption plus saine comme par exemple permettre aux couples d’adoptants de bénéficier d’emprunt à taux zéro. Nous n’ avons qu’un seul salaire et l’adoption à l’étranger à un coût. Le seul emprunt qui nous a été proposé à été un « crédit à la consommation ». Quelle belle dénomination pour une adoption !Sans compter le taux qui était le plus élevé des crédits.
Je pense que cette mesure ne serait pas trop difficile à mettre en place par le gouvernement et aiderait bon nombre de familles.
Cela fait un an et demi que Gaël illumine notre vie. On avait déjà un rayon de soleil avec notre fille, à présent c’est le soleil tout entier que nous avons en permanence chez nous.




