Deux ans de galère et c’est pas fini !
A peine rentrés de Saint-Saint-Pétersbourg avec moi qui venais d’avoir deux ans, mes parents se sont relancés dans la procédure d’agrément. Pas question pour eux que ma petite sœur et moi ayons quinze ans d’écart ! Un an après ils avaient le sésame. Ils ne pouvaient pas retourner à Saint-Saint-Pétersbourg parce qu’entre temps l’AFA avait commencé à y prendre des contacts et les adoptions se dérouleraient désormais exclusivement via l’agence dans cette région. Alors ils ont commencé par attendre la date officielle d’accréditation de l’AFA. Le jour dit, le 10 mars 2008, je m’en souviens encore, en même temps que quelque 500 autres adoptants, ils ont envoyé leur courrier, pleins d’espoir. Un mois plus tard, ils recevaient leur numéro, le 169. Maman a beaucoup pleuré ce jour-là, mais papa, qui est un optimiste forcené lui a dit de ne pas désespérer et que notre tour viendrait sans doute dans un an. Évidemment, un an plus tard, RIEN ! Alors a commencé pour mes parents une course effrénée pour trouver un contact pour une adoption individuelle. Ce n’était décidément pas possible de compter sur l’AFA.
Ils ont recommencé comme quatre ans auparavant pour moi, ils ont tenté de remuer ciel et terre… Maman en a passé des heures au téléphone, à chaque fois, elle me disait « chéri, maman téléphone pour la petite sœur ». Finalement, un jour, elle a trouvé quelqu’un qui voulait bien s’occuper de notre dossier malgré la liste noire, parce que j’ai oublié de vous dire qu’on a la malchance d’habiter dans l’un des multiples départements de cette fichue liste. Et puis les mois ont passé et rien ne s’est déroulé comme prévu. Huit mois plus tard, notre demande dort probablement sur le bureau de cette dame qui n’a pas donné signe de vie depuis deux mois. Moi je demande régulièrement « quand est-ce qu’on va aller chercher ma petite sœur en Russie ? » et papa et maman ne savent plus quoi me répondre. Maman est souvent au bord des larmes avec ça et plusieurs fois elle m’a dit qu’elle n’en avait pas dormi de la nuit. J’ai pourtant demandé au Père Noël qu’il arrange tout ça… Mais ça n’a pas suffi.
Maintenant maman a peur que l’adoption individuelle soit interdite. Elle signe des pétitions et embête tout le monde autour de nous pour qu’ils signent aussi. Je ne comprends pas pourquoi, puisque c’est comme ça que papa et maman m’ont adopté en 2006. Pourquoi on devrait l’interdire ? Enfin, ils ne perdent pas espoir mes parents. Même si de temps en temps, ils trouvent que le temps passe vite et qu’ils finiront pas être « trop vieux » si ça continue (même pas vrai, ils sont jeunes : ils ont la quarantaine !). Une fois de plus pour la nouvelle année, tout le monde leur a souhaité que leur vœu le plus cher se réalise. Et je sais bien moi que leur vœu le plus cher, c’est toujours le même depuis dix ans… Y’a qu’en 2006 qu’il s’est réalisé. J’espère bien que cette année le Père Noël va m’entendre et qu’il nous l’apportera cette petite sœur !!!
Valentin, 5 ans




