Quand nous sommes rentrés en France nous étions une famille.

Nous rentrions a priori dans les critères des OAA (agrément obtenu avec des rapports très positifs du CG, 25 ans, mariés, un boulot, pas d’enfant bio, etc.) et pourtant… Trop de dossiers soi-disant, « nous ne pouvons vous accompagner dans vos démarches » nous a-ton répondu. C’était en 2005. Alors devions-nous nous résigner ?

L’idée ne nous a même pas effleurée.

C’est le cœur rempli d’espoir que nous avons choisi mener une procédure individuelle, de monter un dossier aux multiples documents à obtenir, légaliser, apostiller. Inimaginable pour les profanes, heureusement les associations de parents sont là pour nous guider et nous encourager.

Alexis2Bien des angoisses et démarches plus tard, on reçoit la convocation tant attendue, celle qu’on espérait depuis des mois et qui nous invite à venir rencontrer un enfant. Tout s’emballe, nous allons devenir parents !

En ce 15 décembre 2005 nos vies ont changé, nos chemins se sont croisés. Je revois encore ce petit bonhomme de 13 mois, qui en paraissait 6 tellement il était petit et maigre, le teint blafard et le regard triste, un pyjama trop petit pour lui qui lui recourbait les orteils et qui sentait le vomit. Et malgré tout il était le plus beau de tous les petits garçons du monde, c’était déjà notre petit garçon. Mais nous avons du patienter encore, nous et lui, que notre demande d’adoption soit examinée, transmise au parquet et l’audience fixée. La cour nous a encore questionné, puis a jugé que cette adoption était formulée « dans l’intérêt de l’enfant » et nous sommes devenu maman et papa.

Quand nous sommes rentrés en France nous étions une famille.

En quelques semaines, notre fils s’est métamorphosé : il a rangé son regard triste dans une boîte, et accroché à la place un sourire magnifique qui ne l’a plus quitté, il a tellement grandit et grossit que le pédiatre m’a demandé si les courbes de son carnet de santé étaient bien réelles. Il est devenu un petit garçon comme les autres avec un papa et
une maman qui l’aiment. Comme une jolie fleur qui n’attendait qu’un peu d’amour pour s’épanouir.

Lilas2Il a aussi une petite sœur, venue de Russie comme lui 2 ans plus tard, qui a souri pour la première fois le lendemain de sa sortie de l’orphelinat, qui cherchait tout le temps les bras et les bisous, de peur que tout cela disparaisse… Elle en a fait du chemin ma petite princesse depuis bientôt 2 ans que nous sommes ses parents…
Nos enfants n’avaient-ils pas droit à ce bonheur ? Nous non plus ? Aurions-nous du nous résigner ?

Nous n’avons enfreint aucune loi, nous n’avons pas « volé » nos enfants. Pourquoi jeter si facilement le discrédit sur l’adoption individuelle ? L’AFA n’utilise-t-elle pas aujourd’hui les mêmes  traducteurs que ceux qui œuvraient
jusqu’à présent pour des démarches individuelles ? Ne respecte-t-elle pas les mêmes exigences que celles déjà en place pour les individuels ? Est-elle la solution miracle que l’on nous avait fait miroiter ? Les faits prouvent malheureusement le contraire, alors de grâce, vous qui prônez « l’intérêt supérieur de l’enfant »
donnez à cette structure les moyens de ses ambitions (sont-elles vraiment de faciliter l’adoption???) avant d’envisager un arrêt des adoptions individuelles

Une chose est sûre : sans l’adoption individuelle nos enfants ne seraient pas avec nous aujourd’hui.

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